Pour écrire en toute sécurité, utilisez Word !

L’écriture sans risque, c’est maintenant ! Pour rester dans les clous de la bien-pensance, utilisez la nouvelle fonctionnalité de Word.

« Donnez-moi deux lignes de la main d’un homme, et j’y trouverai de quoi suffire à sa condamnation ». La sentence du cardinal de Richelieu n’a rien perdu de son actualité à l’heure d’internet et des réseaux sociaux. La police veille sur le web ! On s’en réjouit sans réserves quand il s’agit des forces de l’ordre traquant les terroristes, pédophiles et autres criminels, moins quand il s’agit de cette police parallèle qu’est la police de la pensée.

Celle-ci vient de renforcer son arsenal pour satisfaire les féministes avec l’invasion du « langage inclusif » qui consiste à créer une doublure féminine pour tout mot ayant une allure masculine quand bien même il serait neutre : « auteure », « professeure »… et à adopter des graphies mal lisibles et totalement imprononçables telles que « ami·e·s» ou «candidat·e·s ». L’Académie française et le ministre de l’Éducation nationale ont eu beau s’insurger contre cette manipulation idéologique du langage, rien n’y fait : les services publics, y compris ceux de la rue de Grenelle, en tartinent leurs documents.

Microsoft Word contre l’Académie française

Or l’administration française vient de recevoir un renfort inattendu de l’éditeur américain Microsoft : la dernière mise à jour de son logiciel Word inclut une option de « langage inclusif » qui « cible le langage genré  à même d’exclure, de rejeter ou de stéréotyper », lit-on dans la rubrique « inclusive language » du site de Microsoft. Si cette fonction n’utilise pas les points intercalaires ( « ami·e·s», «candidat·e·s »), elle produit quand on l’active un dédoublement systématique : « les amis et les amies », « les candidats et les candidates ». Ainsi l’automatisme vient au secours des étourdis qui prendraient le risque de s’attirer les foudres des féministes en osant, par exemple, parler des « immortels » de l’Académie française, sans mentionner les non moins prestigieuses « immortelles ».

Mais il n’y a pas que les féministes en embuscade : il y a aussi toutes les « minorités » que Word recommande vivement de ne pas froisser. Ainsi ce logiciel préconise-t-il de nommer « personnes ayant une limitation fonctionnelle » celles qu’affectent un handicap, ou encore de remplacer les mots « sourds » ou « aveugles » par « personne à déficience visuelle » (comme s’il n’y avait pas de différences entre la surdité ou la cécité, et le fait d’être mal voyant ou dur d’oreille !). Un cran de plus est franchi dans le « politiquement correct » quand Word presse son utilisateur de ne plus utiliser le mot « épouse » qu’il juge « discriminatoire » pour le remplacer par les mots « conjoint(e) ou partenaire » comme l’a constaté avec effarement le blogueur Koz. Ainsi le logiciel Word ne se contente plus de proposer des polices de caractères, mais se fait collabo de la police de la pensée.