Mgr Athanasius Schneider

monseigneurMgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire catholique au Kazakhstan, a donné le 27 mai 2014 en Angleterre une interview publiée sur le site Latin Mass Society concernant la crise dans l’Eglise. Voici le texte intégral de cette interview qui prouve qu’il y a encore des évêques fidèles dans l’Eglise. Le texte reflète, aussi dans sa traduction en français (par l’Unec), la fraîcheur de l’interview orale.


Mgr Athanasius Schneider (MAS) : Selon ma connaissance et expérience, la plaie la plus profonde dans la crise actuelle de l’Eglise est la plaie concernant l’Eucharistie, les abus du Saint Sacrement. 

Beaucoup de gens reçoivent la Sainte Communion dans l’état objectif du péché mortel… Ceci se répand dans l’Eglise, surtout dans l’Occident. Là les gens vont très rarement à la Sainte Communion avec une préparation suffisante.
Quelques gens qui vont à la Sainte Communion se trouvent en situations morales irrégulières qui ne correspondent pas à l’Evangile. Sans être mariés ils vont à la Sainte Communion. Ils peuvent être divorcés et vivre dans un nouveau mariage, un mariage civil, et ils vont quand-même à la Sainte Communion. Je pense que c’est une situation extrêmement inquiétante.

Il y a aussi la question de la réception objectivement irrévérente de la Sainte Communion. Ce qu’on appelle la nouvelle manière moderne de recevoir la Sainte Communion directement sur la main est un acte très grave puisqu’il expose le Christ à une énorme banalité. 

Il y a le fait préoccupant de la perte des fragments eucharistiques. Personne ne peut nier cela. Et les fragments de l’hostie consacrée sont foulés par les pieds. C’est horrible ! Notre Seigneur est écrasé par les pieds ! Personne ne peut le nier.

Et ceci a lieu partout. Ceci doit être, pour une personne ayant foi et amour pour Dieu, un phénomène très sérieux.

Nous ne pouvons continuer comme si Jésus Dieu n’existait pas, comme si seulement du pain existait. Cette pratique moderne de la Sainte Communion dans la main n’a rien à faire avec la pratique dans l’ancienne Eglise. La communion dans la main contribue graduellement à la perte de la foi catholique en la présence réelle et en la transsubstantiation.
Un prêtre et un évêque ne peuvent dire que cette pratique est OK. Ici on joue avec ce qu’il y a de plus saint, de plus divin et de plus concret sur terre.



INTERVIEWEUR (HT): Vous êtes tout seul en défendant ce point de vue?

MAS: Je suis fort attristé que je me sente comme un qui crie dans le désert. Que la crise eucharistique provient de l’utilisation moderne de la Communion dans la main est une évidence. Ceci n’est pas une exagération. Il est temps que les évêques lèvent leurs voix pour Jésus eucharistique qui n’a pas de voix pour se défendre. Ici il s’agit d’une attaque sur ce qu’il y a de plus saint, une attaque sur la foi eucharistique.
Naturellement il y a des gens qui reçoivent la Sainte Communion dans la main avec beaucoup de dévotion et foi, mais ils sont minoritaires. La grande masse est en train de perdre la foi par cette manière très banale de prendre la Sainte Communion comme une nourriture, comme une frite ou un gâteau. Une telle manière de réception de ce qu’il y a de plus saint sur terre n’est pas sacré, et elle finit par détruire la conscience profonde et la foi catholique en la présence réelle et en la transsubstantiation.


HT : L’Eglise va-t-elle dans la direction opposée à la vôtre ?

MAS : Il paraît que la majorité du clergé et des évêques sont satisfaits de la pratique moderne de la Communion dans la main et ne réalisent pas les vrais dangers liés à une telle pratique. Pour moi c’est incroyable. Comment est-ce possible quand Jésus est présent dans la petite hostie ? Des vrais prêtres et évêques devraient se dire: “Je dois faire quelque chose pour au moins réduire graduellement cette pratique. Je dois faire tout ce que je peux faire. » Mais malheureusement il y a des membres du clergé qui font de la propagande pour l’utilisation moderne de la Communion dans la main, et parfois ils empêchent la réception de la Communion sur la langue et à genoux. Il y a même des prêtres qui méprisent ceux qui se mettent à genoux pour recevoir la Communion. Ceci est d’une tristesse absolue.
Il y a aussi l’augmentation des vols d’hosties, puisque la Communion est donnée directement dans la main. Il y a un réseau, un commerce, avec le vol de saintes hosties, rendu possible par la Communion dans la main.

Pourquoi j’exposerais-je comme prêtre ou évêque Notre Seigneur à un tel danger, un tel risque ? Si ces évêques ou prêtres (qui approuvent la Communion dans la main) tenaient à quelques valeurs, ils n’exposeraient jamais ce trésor au grand risque d’être perdu ou volé. Ils protègent leur maison, mais est-ce qu’ils protègent Jésus pour ne pas être volé si facilement ?



HT: Quant au questionnaire concernant la famille, les gens attendent des grands changements.

MAS: Il y a sur ce sujet beaucoup de propagande publiée par les média de masse. Nous devons être très attentifs. Il y a dans le monde entier les média de masse officiels anti-chrétiens. Presque dans chaque pays c’est le même contenu des nouvelles, à l’exception peut-être des pays africains et asiatique ou de l’Europe de l’est.
Seul par l’Internet vous pouvez répandre vos propres idées. Merci à Dieu que l’Internet existe.

L’idée de faire des changements dans les lois du mariage et de la morale lors du prochain synode des évêques à Rome vient principalement des média anti-chrétiens. Et quelques membres du clergé et Catholiques collaborent avec eux dans la propagation des attentes du monde anti-chrétien en vue d’un changement de la loi de Dieu concernant le mariage et la sexualité.

Il s’agit d’une attaque du monde anti-chrétien, et c’est fort tragique et triste que quelques clercs collaborent avec eux. Pour argumenter en faveur d’un changement de la loi de Dieu, ils utilisent par une sorte de sophisme le concept de la miséricorde. Mais en réalité ce n’est pas de la miséricorde, c’est une cruauté.
Ce n’est pas de la miséricorde, par exemple, si quelqu’un qui a une maladie est laissé dans sa condition misérable. C’est une cruauté.
Par exemple je ne donnerais pas du sucre à un diabétique, ce serait cruel de ma part. J’essayerais de sortir la personne de cette situation et lui donnerais un autre repas. Peut-être au début elle n’aimerait pas cela, mais cela sera mieux pour elle.
Ceux du clergé qui veulent admettre les divorcés et remariés à la Sainte Communion agissent selon un faux concept de la miséricorde. C’est comparable à un médecin qui donnerait du sucre à son client, sachant que cela le tuera. Mais l’âme est plus importante que le corps.
Si les évêques admettent les divorcés et remariés à la Sainte Communion, ils les confirmeront dans leurs erreurs face à Dieu. Ils feront même taire la voix de leur conscience. Ils les enfonceront encore plus dans leur situation irrégulière seulement en en tenant compte de cette vie sur terre, en oubliant la vie après celle-ci, pourtant il y aura là le jugement de Dieu.
Ce problème sera discuté pendant le synode. C’est inscrit sur le programme des sujets à traiter. Mais j’espère que la majorité des évêques aient encore assez d’esprit catholique qu’ils rejettent la proposition mentionnée ci-dessus, et qu’ils ne l’acceptent pas.



CH: Quelle est la crise que vous mentionnez? 
MAS: Là il s’agit d’une crise plus large que la réception du Saint Sacrement. Je pense que ce thème de la réception de la Sainte Communion par les remariés explosera et fera apparaître la vraie crise dans l’Eglise. La véritable crise dans l’Eglise est l’anthropocentrisme, en oubliant le Christocentrisme. En fait c’est le pire des maux quand l’homme ou le clergé se mettent au centre lorsqu’ils célèbrent la liturgie et quand ils changent la vérité révélé de Dieu, par exemple concernant le Sixième Commandement et la sexualité humaine.
La crise se révèle aussi dans la manière de laquelle le Seigneur eucharistique est traité. L’Eucharistie se trouve au cœur de l’Eglise. Quand le cœur s’affaiblit, tout le corps s’affaiblit. Donc, si la pratique concernant l’Eucharistie s’affaiblit, alors le Cœur et la vie de l’Eglise est faible. Et si les gens n’ont plus une vision surnaturelle de Dieu dans l’Eucharistie, alors ils commenceront le culte de l’homme, et alors la doctrine aussi changera selon le souhait de l’homme.
La crise est là quand nous nous plaçons nous-mêmes, y compris les prêtres, au centre et si Dieu est rangé dans un coin, et ceci se passe aussi matériellement. Le Saint Sacrement se trouve parfois dans une armoire loin du centre, et le fauteuil du prêtre est au centre. Nous nous trouvons déjà depuis 40 ou 50 ans dans cette situation, et le danger réel existe que Dieu et ses commandements et lois soient rangés de côté, et que les désirs naturels de l’homme soient placés au milieu. Il y a une connexion de cause à effet entre l’Eucharistie et la crise doctrinale.
Notre premier devoir comme êtres humains est d’adorer Dieu, non pas nous-mêmes, mais Lui.
La participation à la liturgie consiste tout d’abord non pas à faire des choses, mais à prier et adorer, à aimer Dieu de toutes ses forces. Voilà la véritable participation, être uni avec Dieu en notre âme. La participation extérieure n’est pas essentielle.
La crise est réellement celle-ci: nous n’avons pas mis le Christ ou Dieu au centre. Et le Christ est Dieu incarné. Notre problème aujourd’hui est que nous oublions l’incarnation. Nous l’avons éclipsée. Si Dieu reste seulement dans mon esprit comme une idée, c’est de la Gnose. Dans d’autres religions, par exemple juive ou musulmane, Dieu n’est pas incarné, Dieu est dans le livre, mais Il n’est pas concret. Seulement dans la Chrétienté, et en vérité dans l’Eglise Catholique, l’incarnation est pleinement réalisée, et c’est pourquoi ceci doit être mis en exergue dans chaque liturgie. Dieu est ici, vraiment présent. Ainsi chaque détail a sa signification.
Nous vivons dans une société non-chrétienne, dans un nouveau paganisme. Aujourd’hui la tentation pour le clergé est de faire des adaptations au nouveau monde, au nouveau paganisme, d’être des collaborateurs. Nous sommes dans une situation similaire comme aux premiers siècles quand la majorité de la société fut païenne et le Christianisme discriminé.



HT: Pensez-vous que vous en êtes conscient à cause de vos expériences dans l’Union Soviétique?

MAS: Oui, (je sais ce que c’est d’) être persécuté, de témoigner que vous êtes un Chrétien.
Nous sommes une minorité. Nous sommes entourés par un monde païen très cruel. La tentation et le défi d’aujourd’hui peuvent être comparés avec les premiers siècles. On exigeait des Chrétiens d’accepter le monde païen et de le prouver en mettant un grain d’encense dans le feu devant la statue de l’Empereur ou d’une idole païenne. Mais c’était de l’idolâtrie, et aucun bon Chrétien n’a déposé un grain là-bas. Ils ont préféré de donner leurs vies ; même des enfants, des laïcs persécutés donnaient leurs vies. Malheureusement il y avait au premier siècle des membres du clergé et même des évêques qui ont déposé des grains dans l’encense devant la statue de l’Empereur ou d’une idole païenne, ou qui ont transmis des livres de la Bible afin qu’ils soient brûlés. De tels collaborateurs chrétiens et clercs furent appelés en ces temps des « thurificati » ou « traditores ».

Mais de nos jours la persécution est plus sophistiquée. On ne demande pas aux Catholiques ou au clergé de déposer de l’encense devant une idole ; ceci serait trop matériel. Maintenant le monde néo-païen nous demande d’accepter leurs idées, par exemple la dissolution du Sixième Commandement de Dieu, ou le prétexte de la miséricorde. Si des prêtres et évêques commencent aujourd’hui à collaborer avec le monde païen dans la dissolution du Sixième Commandement et dans la révision de la manière dont Dieu a créé homme et femme, alors ils trahissent la Foi, ils participent finalement au sacrifice païen.


HT: Voyez-vous venir une scission dans l’Eglise?
MAS: Malheureusement, pendant quelques décennies, quelques clercs ont accepté ces idées du monde. Par contre maintenant ils les suivent publiquement. Si ces choses continuent, je pense qu’il y aura une séparation intérieure dans l’Eglise de ceux qui sont fidèles à leur foi, à leur baptême et à l’intégralité de la foi catholique. Il y aura une scission avec ceux qui assument l’esprit de ce monde, oui je pense qu’il y aura une scission. Peut-on imaginer que des Catholiques qui restent fidèles à la vérité catholique inchangeable puissent être persécutés ou méprisés pendant un certain temps même par ceux qui ont du pouvoir dans les structures extérieures de l’Eglise ?

Mais les portes de l’enfer, c’est-à-dire de l’hérésie, ne prévaudront pas contre l’Eglise, et le Magistère Suprême produira sûrement un texte doctrinal qui rejette toute collaboration avec les idées néo-païennes de changer par exemple le Sixième Commandement de Dieu, la signification de la sexualité et de la famille. A ce moment-là beaucoup de ‘libéraux’ et beaucoup de collaborateurs avec l’esprit de ce monde, beaucoup de «’thurificati et traditores’ modernes quitteront l’Eglise. Car la vérité divine apportera irrésistiblement la clarification, nous rendra libres et séparera, au milieu de l’Eglise, les fils de la lumière divine des fils de la lumière illusoire de ce monde païen et anti-chrétien. Je voudrais supposer qu’une telle séparation s’appliquera à tout niveau des Catholiques : aux laïcs, et même à certains membres du clergé supérieur ; ces membres du clergé qui acceptent aujourd’hui l’esprit du monde païen au sujet de la morale et de la famille se déclarent Catholiques et même obéissants au pape. Ils vont jusqu’à déclarer extrémistes ceux qui sont fidèles à la foi catholique ou ceux qui cultivent la gloire du Christ dans la liturgie.


CH: Avez-vous l’impression qu’on vous traite comme un extrémiste ?
MAS: Je n’ai pas été formellement déclaré comme tel. Je dirais que ces clercs ne sont pas majoritaires, mais ils ont accaparé beaucoup d’influence dans l’Eglise. Ils sont arrivés à occuper quelques positions clef dans certaines administrations de l’Eglise. Cependant ce n’est pas du pouvoir aux yeux de Dieu. Réellement puissants sont les petits dans l’Eglise, ceux qui gardent la foi.
Ces petits dans l’Eglise ont été dégradés et négligés. Ils ont gardé la pureté de leur foi et ils représentent le vrai pouvoir de l’Eglise aux yeux de Dieu, et non pas ceux qui sont dans les administrations. Grâce à Dieu le nombre de ces petits va en grandissant.
J’ai par exemple parlé avec des jeunes étudiants à Oxford et j’étais très impressionné par ces étudiants. J’étais très heureux de voir la pureté de leur foi et de leurs convictions, ainsi que leur esprit clairement catholique. De tels exemples et groupes sont en augmentation dans l’Eglise ; ceci est le travail du Saint Esprit. Ceci renouvellera l’Eglise. Ainsi je suis confiant et plein d’espoir aussi par rapport à cette crise dans l’Eglise. L’Esprit Saint vaincra cette crise avec cette petite armée.
Je ne me fais pas de souci pour l’avenir. L’Eglise est l’Eglise du Christ et c’est Lui le véritable chef de l’Eglise, le pape est seulement le vicaire du Christ. L’esprit de l’Eglise est le Saint Esprit et Celui-ci est puissant. Cependant nous vivons actuellement une profonde crise dans l’Eglise, comme c’est arrivé à plusieurs reprises pendant deux mille ans.

CH: Est-ce que cela deviendra pire avant de se résorber?

MAS : J’ai l’impression que cela s’empirera. Parfois les choses doivent aller jusqu’aux abîmes, et puis vous verrez le collapse de ce système anthropocentrique clérical qui abuse du pouvoir administratif ecclésial, de la liturgie, des concepts de Dieu, de la foi et de la piété des petits dans l’Eglise.

C’est alors que nous verrons se lever une Eglise renouvelée. Cela se prépare déjà. Alors cet édifice clérical libéral s’écroulera parce qu’il a des racines mais pas de fruits.


HT: Quelques-uns dissent que vous vous souciez de choses peu importantes, qu’est-ce que vous dites concernant les pauvres?

MAS; C’est faux. Le premier commandement que Dieu nous a donné était d’adorer Dieu seul. La liturgie n’est pas une rencontre entre amis. C’est notre premier devoir d’adorer et de glorifier Dieu dans la liturgie et aussi dans notre style de vie. La vraie adoration et le vrai amour de Dieu génère l’amour pour les pauvres et notre prochain. C’est la suite logique. Les saints, pendant deux mille ans de l’Eglise, tous ces saints qui étaient si pieux et fervents en prière, ils étaient tous extrêmement charitables envers les pauvres en venant à leur secours.

Dans ces deux commandements il y a tous les autres. Mais le premier commandement est d’aimer et d’adorer Dieu, et ceci est réalisé d’une façon suprême dans la sainte liturgie. Si vous négligez le premier commandement, vous ne faites pas la volonté de Dieu, vous vous faites plaisir à vous-même. Le bonheur est d’accomplir la volonté de Dieu, et non pas de suire notre propre volonté.


HT: Combien de temps passera-t-il avant que l’Eglise soit renouvelée?

MAS ; Je ne suis pas un prophète. Mais si vous regardez l’histoire de l’Eglise, la crise la plus profonde était au 4ème siècle, c’était l’Arianisme. C’était une crise énorme, tous les évêques, presque tous, collaboraient avec l’hérésie. Seulement quelques évêques restaient fidèles, vous pouviez les compter sur les doigts de la main. Cette crise a duré à peu près 60 ans.
Ensuite la terrible crise de ce qu’on appelle le siècle obscure, le 10ème siècle, quand la papauté était occupée par quelques familles romaines méchantes et immorales. Elles ont occupé le siège papal avec leurs fils corrompus, et c’était une crise terrible.
La période malsaine suivante était ce qu’on appelle l’exile d’Avignon, qui a porté grand dommage à l’Eglise menant au grand schisme occidental. Toutes ces crises duraient quelques 70 à 80 années et furent très mauvaises pour l’Eglise.
Maintenant nous sommes, je dirais, dans la quatrième grande crise, dans une confusion effroyable concernant la doctrine et la liturgie. Nous y sommes déjà depuis quelques 50 ans. Peut-être Dieu nous sera-t-il miséricordieux dans 20 ou 30 ans ? Néanmoins nous avons toute la beauté des vérités divines, de l’amour et de la grâce de Dieu dans l’Eglise. Personne ne peut nous enlever cela, aucun synode, aucun évêque ; même le pape ne pourra enlever le trésor et la beauté de la foi catholique concernant Jésus dans l’Eucharistie et les sacrements. La doctrine inchangeable, les principes liturgiques inchangeables, la sacralité de la vie constituent le véritable pouvoir de l’Eglise.



HT : Notre époque est considérée comme une ère beaucoup plus libérale dans l’Eglise.
MAS ; Nous devons prier que Dieu daigne sortir son Eglise de cette crise et donner à son Eglise des apôtres qui soient courageux et saints. Nous avons besoin de défenseurs de la vérité, de défenseurs de Jésus dans l’Eucharistie. Quand un évêque défend son troupeau et défend Jésus dans l’Eucharistie, cet évêque défend les petits dans l’Eglise, et non pas les puissants.



HT : Donc vous n’avez pas peur d’être impopulaire ?

MAS: Il est peu important d’être populaire ou impopulaire. Pour tout membre du clergé la première importance consiste à être populaire aux yeux de Dieu et non pas aux yeux du monde d’aujourd’hui ou des puissants. Jésus nous a prévenus : malheur sur vous si les gens disent du bien de vous !
La popularité est une fausse piste. Jésus et les apôtres ont rejeté la popularité. Des grands saints de l’Eglise, par exemple les saints Thomas More et John Fisher, ont rejeté la popularité et pourtant ils sont les grands héros. Et de ceux qui se soucient aujourd’hui de la popularité dans les média de masse et dans l’opinion publique, ne restera rien dans l’histoire. On se souviendra d’eux comme des lâches, et non pas comme des héros de la foi.



HT : Les media attendant beaucoup du pape François.

MAS: Je remercie Dieu que le pape François ne se soit pas exprimé de la façon que les media de masse attendant de lui. Il a présenté jusqu’à présent dans ces allocutions publiques une très belle doctrine catholique. J’espère qu’il continuera d’enseigner la doctrine catholique d’une façon très claire.



HT : En partageant la Sainte Communion avec les Anglicans et d’autres ?
MAS: Ce n’est pas possible. Il s’agit de croyances différentes. La Sainte Communion n’est pas un moyen pour arriver à l’unité. C’est le dernier pas, et non pas le premier. Ce serait une désacralisation du Saint du Saint. Naturellement nous devons être unis. Mais nous avons des différences de foi, et même quelques différences substantielles. L’Eucharistie est le signe de l’unité la plus profonde. Ce serait un mensonge, contraire à la logique, de partager la Sainte Communion avec des non-Catholiques.
L’œcuménisme est nécessaire pour être en contact avec nos frères séparés, pour les aimer. Au milieu du défi du nouveau paganisme nous pouvons et devons collaborer avec des non-Catholiques sérieux pour défendre la vérité divine révélée et la loi naturelle créée par Dieu.
Il sera mieux de ne pas avoir une structure où l’Etat gouverne la vie de l’Eglise, par exemple en désignant le clergé ou les évêques. Une telle pratique d’’Eglise d’Etat porterait dommage à l’Eglise elle-même. En Angleterre, par exemple, l’Etat gouverne l’Eglise d’Angleterre. Une telle influence de l’Etat peut corrompre l’Eglise spirituellement et théologiquement, ainsi il est préférable d’être libérée d’une telle Eglise d’Etat établie.

HT : Concernant les femmes dans l’Eglise ?
MAS: Les femmes sont appelées le sexe faible, étant donné qu’elles sont physiquement plus faibles, mais spirituellement elles sont plus fortes et plus courageuses que les hommes. Il faut du courage pour donner naissance. C’est pourquoi Dieu a donné à la femme un courage que l’homme n’a pas.
Naturellement il y avait beaucoup d’hommes courageux dans les persécutions. Pourtant Dieu aime choisir les faibles pour confondre les puissants. Par exemple les ‘Femmes Eucharistiques’ dont j’ai parlé dans mon livre Dominus Est, travaillaient dans leurs familles et souhaitaient aider les prêtres persécutés d’une façon très exceptionnelle. Elles n’auraient jamais osé de toucher les saintes hosties avec leurs doigts. Elles auraient même refusé de lire des textes pendant la messe. Ma mère, par exemple, qui vit encore en Allemagne, âgée de 82 ans, était fortement choquée et scandalisée à son arrivée à l’Ouest en voyant des femmes dans le sanctuaire pendant la Sainte Messe. La vrai pouvoir de la femme chrétienne et catholique est le pouvoir d’être le cœur de la famille, l’église domestique, d’avoir le privilège d’être la première à donner la nourriture au corps du petit bébé, mais aussi la première à donner la nourriture à l’âme de l’enfant en lui enseignant la première prière et les premières vérités de la foi catholique. La plus noble et belle profession d’une femme est d’être mère, et particulièrement une mère catholique. 

FIN de l’interview.