Le Samedi saint : quel sens ?

le samedi saintAprès avoir fait mémoire et célébré l’ensemble des événements relatifs aux dernières heures de la vie de Jésus, l’Eglise toute entière est plongée dans le silence.

Ces événements essentiels sont la Cène – avec le lavement des pieds et l’institution de l’eucharistie -, suivie de l’adoration silencieuse au reposoir dans la nuit, continué par la lecture de la Passion et la vénération de la Croix le vendredi. Le samedi l’Eglise se tait, son Seigneur déposé au tombeau l’Eglise vit le silence du deuil. Elle médite sur les événements des derniers jours et préparent son espérance en la Résurrection promise.

Un jour de retenue pour la liturgie

Le Samedi-Saint seuls la prière des heures est maintenue en Eglise, mais aucune messe n’est célébrée. On ne peut porter la communion qu’aux malades en danger de mort, en viatique.  Il est permis d’administrer le sacrement de la Pénitence et de la Réconciliation et les sacrements pour les malades, mais on ne peut pas célébrer les mariages ou  les baptêmes.

Bien souvent les préparatifs de la veillée pascale occultent ce temps de silence et de deuil, et l’on passe un peu rapidement de la mort à la vie du Christ. Certes le but de la vie de foi se comprend dans la Résurrection, mais le rythme de chacun pour assimiler, méditer et prier les événements est bien plus long.

Le Samedi-Saint source des autres samedi de la Férie

Le samedi est considéré comme un jour de veille et de confiance, suivant l’exemple de la Vierge Marie lors du « grand Sabbat » alors que le Christ gisait au sépulcre. C’est à la fin de VIIIème siècle dans les monastères carolingiens que s’est consolidée cette coutume. Elle se répandit rapidement dans toute l’Europe. Ainsi la messe de sancta Maria in Sabbato introduite par Alcuin dans son sacramentaire votif se retrouva au XIIème dans le Missel du Latran.

Après la Réforme du Concile de Trente, cette coutume fut introduite par saint Pie V dans le Missel romain. Quatre cents ans plus tard, le Concile Vatican II a donné un relief soutenu à la mémoire de la Vierge Marie le samedi en augmentant le nombre de formulaires et de lectures bibliques. Le 15 aout 1986, le pape Jean Paul II a publié le recueil des Messes en l’honneur de la Vierge Marie.