CHEMIN DE CROIX EN LIEN AVEC LE CENTENAIRE DE 14-18

chemin de croix Le chemin de Croix des prêtres du front

Chant : Vive Jésus, Vive sa croix
La Grande Guerre de 1914-18, dont nous célébrons le
centenaire, fut vécue par bien des chrétiens comme un immense
Vendredi saint. Ce chemin de croix, long de quatre années, fit, en France, 1 400 000 morts.
Nombreux sont les Poilus qui associèrent leur passion à la sainte Passion, et virent dans cet
« enfer » l’occasion d’une héroïque imitation de Jésus-Christ.
Prêtres et religieux ne furent pas en reste et payèrent largement l’impôt du sang dans
cette hécatombe sacrificielle.
En témoignent ces poignants extraits du « Chemin de croix de ceux qui sont restés »,
de l’abbé Jacques Bellouard, prêtre du diocèse de Poitiers, caporal brancardier au 314
ème
régiment d’infanterie, qui partagea, dès les premie rs jours de la guerre, la vie des poilus sur le fro nt.
Chant : Vive Jésus, Vive sa croix
Première station : Jésus est condamné à mort
« Pilate amena Jésus au-dehors et dit aux Juifs : « Voici votre roi ».
Alors ils crièrent : « A mort ! A mort ! Crucifie-le ! »
Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. » (Jn 19, 13…16)
Parole d’un poilu : Hier, durant tout le trajet, les populations n’ont cessé de nous
acclamer, les femmes envoyaient des baisers; mais voilà, après-demain, dans 3
jours peut-être les balles vont pleuvoir et qui sait ?
Jésus est arrêté, comme la Paix du monde qui, en ce mois d’août 1914, vit ses derniers
instants de liberté. Son cœur innocent se prépare àun difficile chemin et les cœurs innocents
des jeunes gens que l’on affuble d’un uniforme ne savent pas où ils vont. Certains ont peur
d’afficher leur foi et la cache. Jésus commence ainsi son chemin de la croix.
Seigneur, ouvre nos cœurs à la foi qui n’a pas peur et qui, parce qu’elle n’arrête
pas l’Amour, est la seule force capable d’apporter la paix dans ce monde où les guerres,
les persécutions d’innocents et les sacrifices humains n’ont pas cessé de lutter contre le
désir de paix qui habite le cœur des doux.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.

Deuxième station : Jésus est chargé de sa croix
« Jésus, portant lui-même sa croix, sortit en direction du lieu dit le Crâne, ou
Calvaire, en hébreu : Golgotha. » (Jn 19, 17)
Parole d’un poilu : Nous allions là-bas où l’on meurt, où l’on est défiguré, haché,
déchiré…et nous y allons… ; au pas, au son des cuivres aigus. Sans accepter cette
tâche, nous mourrons pour elle. La foi me manque, j’ai une foi stérile et creuse.
Elle ne sert pas de moule à ma vie.
Jésus est chargé du poids de la haine des hommes comme les soldats sont chargés de
leurs armes qui sont aussi signe de haine et de mort. Aujourd’hui, les armes sont devenues
encore plus destructrices et les croix des innocents sont toujours aussi lourdes à porter.
Seigneur, donne à notre foi le goût de l’espérancevisible dans un monde où l’on
veut cantonner notre amour pour toi loin de toute réalité sociale, afin qu’elle soit
contagieuse pour guérir le cœur des hommes qui n’on t pas encore entrevu la lumière de la Vérité.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.

Troisième station : Jésus tombe pour la première fois
« …Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la
souffrance. Pourtant, c’était nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il
était chargé. C’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (Is 53)
Parole d’un poilu : les lieutenants s’élancent hors de la tranchée aux cris de :
« Baïonnette au canon »…Successivement, chacun des trois lieutenants tombe
frappé mortellement à la tête
Le poids de la croix est trop lourd. Jésus est écrasé par lui sans être vaincu. Il se
relève devant tous. Il avance. De par le monde, dessoldats, les plus souvent très jeunes et
inexpérimentés, continuent d’avancer sur des champsde batailles. Ils n’ont pas le choix et
ils tombent pour ne plus se relever.
Seigneur, permets que tes enfants qui croient en ton amour par la communion à
ta vie donnée ne tombent pas dans l’indifférence de la haine qui agite ses drapeaux
sombres mais sois pour eux leur bouclier de lumièrepour élever le cœur du monde vers
ta Paix.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.

Quatrième station : Jésus rencontre sa mère
« Près de la croix de Jésus se tenait sa mère « (Jn 19, 25a)
Parole d’un poilu : ma chère mère, je t’envoie quelques lignes des tranchées. De la
boue jusqu’à la ceinture, bombardement continuel, toutes les tranchées
s’effondrent et c’est intenable. Nous avons déjà des tués et des blessés. Je donnerai
cher pour être loin d’ici. Adieu, et une foule de baisers de ton fils qui te chérit.
La mère de Jésus a eu besoin de revoir son fils avant sa mort. Jésus a été conforté par
ce regard maternel empreint de bonté. De par le monde, comme dans les tranchées boueuses
de la Grande Guerre, des hommes de tous âges, songeant au pire pour eux, tournent leur
cœur vers celles qui leur ont donné le jour pour tr ouver le réconfort nécessaire face à l’adversité.
Seigneur, ne laisse pas tes enfants qui souffrent des guerres et des traumatismes
qui en découlent sans le soutien de ta Mère que tu nous as donnée par grâce.
Qu’elle leur prenne leur main désespérée et qu’elle apaise leur cœur blessé, qu’elle
soulage leur corps torturé et qu’elle réconforte leur âme en peine.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Cinquième station :
Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix
« C’est moi qu’il a fait marcher dans les ténèbres et sans lumière.
Il a barré mes chemins avec des pierres de taille, obstrué mes sentiers.
Il a brisé mes dents avec du gravier, il m’a nourride cendre. » (Lamentations 3,1)
Parole d’un poilu : le jour de Noël, les Boches nous font signe. Ils demandaient
qu’on ne tire aucun coup de fusil. Ils étaient fatigués de faire la guerre.
Jésus a accepté que l’aide d’un inconnu soulage son portement de la croix et cet
échange entre la divinité blessée et l’humanité pèlerine a été le scellement d’une alliance qui
dure toujours. Par son Incarnation rédemptrice, il nous dit que le cœur des hommes est plus
grand que la haine et que les forces de miséricordesont toujours possible sur tous les conflits.
Seigneur, puisque nous savons que dans les conflits les petits gestes de paix sont
des chemins possibles de réconciliation durable, ouvre nos cœurs, nos yeux et nos mains
à la consolation, au soutien et à la compassion lorsque nous sommes confrontés à la
souffrance de nos frères et à la négation de la dignité de ceux qui nous veulent du mal
ou que nous voulons combattre. Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.

Sixième station :
Véronique essuie le visage de Jésus
« La multitude avait été consternée en voyant le
Serviteur, car il était si défiguré qu’il ne
ressemblait plus à un homme. » (Is 52, 14)
Parole d’un poilu : pardonne-moi tout ce que tu vas
souffrir par moi, ma bien-aimée, toi que j’ai de plus
cher sur la terre, toi que j’aurais voulu rendre si
heureuse en vivant chrétiennement ensemble si j’étais
retourné près de toi, sois bien courageuse, pratique bien la religion, va souvent à la
communion, c’est là que tu trouveras le plus de consolation et le plus de force pour
supporter cette cruelle épreuve. Oh ! Si je n’avaispas cette foi en Dieu en quel
désespoir je serais !
Jésus, qui porte le poids de la souffrance injustedue au manque d’amour, est reconnu
comme celui qui prend sur lui toutes nos maux, nousaidant à supporter nos épreuves pour
accéder à la consolation éternelle. S’étant fait frère par anticipation de ceux qui se battent
pour que l’amour règne en ce monde, il est désormais le chemin de toute dignité humaine.
Seigneur, toi qui te fais proche de ceux qui aiment alors malgré leur souffrance,
ne permets pas que des hommes puissants se servent de leurs frères plus faibles pour
assouvir leur soif de domination et donne-nous le courage d’être un signe d’amour là où
la haine explose.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Septième station : Jésus tombe pour la deuxième fois
« Maltraité, le Serviteur s’humilie, il n’ouvre pas la bouche : comme un agneau
conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas
la bouche. » (Is 53, 7)
Parole d’un poilu : A la souffrance morale de croire, qu’à chaque instant, la mort
peut nous surprendre, viennent s’ajouter les souffrances physiques de longues nuits
sans dormir, couchant au milieu des cadavres. Est-ce un bonheur pour moi d’en
être réchappé ? Je l’ignore mais si je dois tomber plus tard, il eût été préférable que
je reste là-bas.

Alors que Jésus nous a donné sa parole qui nous montre le seul chemin de lumière sur
lequel l’humanité doit marcher pour connaître sa raison d’être, nous sommes capables de
préférer le chemin de la nuit qui fait source de chute.
Seigneur, tu le sais, les leçons des guerres du passé n’ont pas porté tous les fruits
espérés et la haine est toujours la source de nombreux conflits qui font tomber les plus
faibles de nos frères sous un poids inhumain de malheurs. Sois leur force de relèvement
et de justice pour que cessent l’humiliation de leur dignité et l’écrasement de leur
humanité.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Huitième station :
Jésus rencontre les femmes de Jérusalem
« Il se retourna et leur dit : « Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi !
Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir desjours où l’on dira :
« Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas
allaité… » » (Lc 23)
Parole d’un poilu : La censure est impitoyable et certains poilus ontappris à leurs
dépens qu’ils ne devaient pas avoir la langue trop longue. Il semblerait qu’une
lettre est une chose sacrée, il n’en est rien. Soisdonc prudente ma chérie, si tu veux
que je reçoive toutes tes lettres, ne me parle pas de la guerre.
Alors que les hommes sont souvent force de guerre,les femmes demeurent des forces
de réconciliation. Nous voyons leur lassitude face à la perte de leurs époux et enfants
devenir source d’amour et de reconstruction politique et sociale.
Seigneur, toi qui a fait comprendre aux femmes de Jérusalem qu’en te perdant,
elles perdaient plus qu’un fils, mets dans le cœur des mères et des épouses qui pleurent
les leurs, tués au combat, suffisamment de force pour que leur larmes inondent
d’amour le cœur des hommes insensibles à la perte de leurs frères qu’ils envoient en
première ligne.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.

Neuvième station :
Jésus tombe pour la troisième fois
« Des misérables s’attroupent contre moi : des gens inconnus qui déchirent à
grands cris. Ils blasphèment, ils me couvrent de sarcasmes.» (Ps 34)
Parole d’un poilu : L’obus tomba à 100 mètres. Un petit éclat vint frapper le
brigadier au front ; le sang jaillit aussitôt, j’étais embarrassé pour arrêter l’hémorragie.
Il eut la force de me dire : « arrête-moi le sang e t tu écriras à ma femme que je suis
gravement blessé ». Ce fut ses dernières paroles etil donna son dernier soupir.
On croyait naïvement que la cruauté du conflit de la Grande Guerre, la der des ders,
allait définitivement mettre la guerre au rencart de l’humanité. Il n’en a rien été, l’histoire la
montrait. Des hommes ont continué à faire tomber d’autres hommes.
Seigneur, tu nous as apporté la varité et la vie en aimant tes ennemis jusqu’au
bout de l’amour. Ne permets pas que la guerre soit considérée comme un moyen
« juste » pour solutionner les difficultés d’entente dans ce monde. Donne-nous encore ta
lumière et allume d’une étincelle de paix les hommes en mésentente.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements
« Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits (…) Ainsi
s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont
tiré au sort mon vêtement. » (Jn 19, 23-24)
Parole d’un poilu : Que je meure ici en plein force, une lueur de gloire dans les
yeux, ou que je finisse plus tard bourgeoisement dans un cimetière : qu’importe,
l’avenir me parait bien noir. Je suis un de ces millions d’anonymes qui forment
l’instrument pour forger une page sanglante de notre histoire.
Les guerres mettent souvent les peuples à nu. La misère devient le résultat de tous nos
conflits. Des familles sont décimées, des maisons sont détruites, la famine habite ce qui reste
des rues et des villes. L’avenir parait bien noir.
Seigneur, tu es la richesse de ce monde. Tu es le ciment de nos familles. Tu es notre
maison et notre nourriture, en tout temps, en tous lieux et pour tous les hommes.
Deviens aussi notre avenir et notre consolation. Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.

Onzième station : Jésus est cloué sur la croix
« …Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23)
« Quand arriva l’heure de midi, il y eut des ténèbres surtoute la terre
jusque vers trois heures. » (Mc 15, 33)
Parole d’un poilu : le Conseil de Guerre me condamne à la peine de mort pour
mutilation volontaire et je déclare formellement que je suis innocent. Je suis blessé
accidentellement mais non volontairement. Je prouverai que j’ai fait mon devoir et
que j’ai servi avec amour et fidélité, et je n’ai jamais failli à mon devoir. Je jure
devant Dieu que je suis innocent.
Par la guerre, des hommes se condamnent les uns les autres à la souffrance, la
blessure, la violence et la mort. La douleur devient le lot commun de tous les conflits et elle
est toujours autant insupportable. Pourtant, elle continue son chemin de désolation.
Seigneur, tu n’as pas voulu condamner l’homme à lamisère lorsque tu fus cloué
sur la croix. Au contraire, tu l’as comblé de miséricorde, de pardon et d’amour en le
rendant « innocent » devant le crime de ta mort. Écoute les prières de tous les innocents
de ce monde et comble-les de ta présence qui n’a pas de limite dans l’amour.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Douxième station : Jésus meurt sur la croix
« Jésus cria d’une voix forte : (…) « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu
abandonné ? » » (Mc 15, 34)
« Le rideau du Temple se déchira par le milieu. Alors, Jésuspoussa un grand
cri : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » (Lc 23, 45)
Parole d’un poilu : je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est
reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais
encore la vie sauve. Je suis condamné à mort. Il faut un exemple. Je te demande à
genoux humblement pardon pour toute la peine que jevais te causer. Je vais me
confesser et espère te revoir dans un monde meilleur.
Par les conflits, des hommes, des femmes et des enfants sont mis à genoux devant leur
propre mort. Cela entraîne parfois des désirs de vengeance sans pardon en mettant le cœur
dans la boue de la violence aveugle.
Seigneur, tu sais, et nous le savons tous, que la haine attise la haine et que la
mort entraîne la mort. Donne-nous le courage de poser des gestes de vie là où la mort
crie et des gestes de pardon là où la vengeance règne. Tu sais que nous le pouvons mais
sans toi, nous ne le pouvons pas.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Treizième station : Jésus est détaché de la croix
« Quand les soldats arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui
brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et
aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. » (Jn 19, 33-34)
Parole d’un poilu : Chers parents, lorsque vous lirez cette lettre, Dieu m’aura fait
l’honneur de m’accorder la sacrée mort que je pouvais souhaiter, celle du soldat et
du chrétien. J’en accepte l’idée sans regrets et sans tristesse. Levez les yeux vers
le ciel où Dieu me jugera et me donnera la place que j’aurai méritée. D’où je
serai, près des chers morts que j’aurai été rejoindre, je ne vous oublierai pas. .
Beaucoup de nos frères ne croient pas qu’un soldatpuisse être chrétien parce qu’il
porte une arme. Les soldats savent, eux, que s’ils ont une arme, ce n’est pas pour tuer mais
pour protéger ceux qui souffrent et vers qui ils sont envoyés au péril de leurs vies qui
deviennent ainsi sacrifiées lorsqu’elles sont volées par la mort.
Seigneur, ne permets pas que les vies données de nos soldats tombent dans
l’oubli et l’indifférence alors que des mères et des épouses les ont pleurés et les
pleurent encore. Donne-nous suffisamment de fraternité pour comprendre que lorsque
quelqu’un tombe pour la défense de la liberté et de la paix, c’est un peu de nousmêmes qui disparaît.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
Quatorzième station : Jésus est mis au tombeau
« …Cependant Marie-Madeleine et l’autre Marie étaient là, assises en face du
tombeau. » (Mt 27, 61)
Parole d’un poilu : maintenant, c’est le pays de la mort. Une autre végétation est
née : ce sont des petits monticules surmontés d’unecroix ou simplement d’une
bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là. La
nuit j’ai couché longtemps dans un tombeau neuf, jesuis maintenant dans un trou
que j’ai creusé.
Le pays de la mort est souvent le résultat du fracas des armes qui est la conséquence
du désir de puissance et de domination. Cette mort semble mettre l’amour au tombeau,
l’amour que l’on ne voit plus parce qu’il est cachépar le sang versé.
Seigneur, tu as versé ton sang pour que l’amour en soit irrigué et qu’ainsi il
devienne fleuve de vie. Ne permets pas que la mort assèche cette source qui est
indispensable pour que les hommes de tous les tempsaient le courage de transformer
leurs épées de mort en soc de charrues qui sèment la vie.
Chant : Sous l’habit du mendiant H 18 – p 101.
15/ JÉSUS EST RESSUSCITÉ COMME IL L’AVAIT DIT
Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?
Il n’est pas ici mais il est ressuscité ! (Lc 24, 5-6)
Parole d’un poilu : Accolade au curé dont la main tremblante tient ladépêche :
« L’armistice est signé. Les hostilités cessent aujourd’hui à 11 heures » Je compte
sur vous pour faire sonner les cloches. Nos alliés sont acclamés. On remercie
Dieu et le poilu ; et le curé montre son grand drapeau du Sacré-Cœur qui flotte
triomphant sur le parvis de son église. Chacun pense à ceux de siens dont le
sacrifice a gagné cette heure. Les larmes coulent sans qu’on cherche à les cacher,
mais les visages rient : le visage de la France estjoyeux.
Le jour le plus beau d’une guerre est le dernier, chacun le sait. Il est, à lui seul,
porteur de tous les espoirs nécessaires à la résurrection de la vie et au fleurissement
printanier des cœurs que la guerre avait mis en hiver.
Seigneur, toutes nos joies trouvent leurs sources et leur avenir en toi qui n’a de
cesse, en plein cœur des conflits, de mettre ta lumière de vie sur les ténèbres de mort
car tu sais que l’homme n’est pas fait pour la guerre mais pour la Paix, et la tienne en
particulier.
Nous te rendons grâce pour ce don merveilleux de ta Résurrection bienfaitrice
qui nous fait prendre conscience que notre joie parfaite et en toi et qu’elle seule est
source de la Paix qui dure.
Chant : Victoire tu règneras H 32 – p 104.